Uroboros

Comme j'ai la flemme de refaire tout un article, je fais un copier/collé de celui que j'ai fait dans The Pledge ^^;

Le 7eme album de Dir en grey sortira le 12 novembre!

Urobolos sera décliné en trois versions: l'édition normale, qui contiendra l'album: l'édition limitée, vendue avec 2 cds (le contenu du second cd n'est pas précisé sur le site officiel); et l'édition deluxe, qui contiendra 5 cds!! Ces 5 cds seront divisés comme suit: les 2 cds de l'édition limitée, un dvd, et 2 LP's.

Vous devez savoir que l'édition deluxe devra être commandée avant le 17 Août.

Les prix sont:

L'édition normale: 20.13 ¤
L'édition limitée: 24.18 ¤
L'édition deluxe: 82.91 ¤
(Mais j'ai lu sur certains sites qu'en réalité, l'édition deluxe coûterait 75 ¤)

J'ai hâte!!



~> Trop contente, j'ai réussit à choper l'édition deluxe ^o^ Bon, je me suis un peu fait arnaquer sur les bords par Yesasia et elle coute 90 euros chez eux... Mais bon, je suis la pro des achats compulsifs sur internet T___T
# Posté le mardi 05 août 2008 08:21

Last Song


Titre: Last song
Auteur: Cactus
Genre: OS, drame (Non lecteur, ne nie pas! Tu l'as pensé! "Non, encore!" Et ben pour la peine, ce sera un draaaaame mhouahahahaha @_@)
Pairing: A vous de juger... (J'ai déjà entendu ça quelque part u___u)



♣ ♣ ♣


Il pleut.
L'image a déjà été utilisée des milliers de fois par les écrivains, romantiques ou non, qui ont jonché l'histoire de pages écrites entre deux pensées, imaginées entre deux sourires et écrites à l'encre de leur coeur: deux inconnus, parapluie à la main, marchant rapidement pour échapper à la pluie qui tombe à verse.
Les gouttes d'eau se déversent violemment des nuages gorgés de leurs soeurs jumelles, et glissent bruyamment le long des parapluies à la toile tendue. Tête baissée, mains crispées et lèvres étroitement serrées, nos deux inconnus cherchent vainement à échapper aux éléments, secouant avec agacement leurs cheveux trempés. Leurs pieds martèlent les trottoirs de béton, troublent la quiétude de quelques flaques et se font plus pressés encore de trouver un endroit sec mais, taquin, le destin dévie leur route, et deux corps jusqu'ici inconnus se heurtent l'un à l'autre.
Le destin, vraiment? Ou bien s'agit-il du hasard? Cela a-t-il une réellement différence, au fond?

Toujours est-il qu'il pleut.

Il pleut dehors, sur la ville, et dedans, sur leur coeur. Deux solitudes se croisent et se réchauffent à la chaleur d'une sensation depuis trop longtemps oubliée, pour des raisons qu'il est peu intéressant de citer ici.

Leurs regards se croisent et quelque part, quelque chose passe. Un courant électrique, un frisson, une certitude.

Les deux inconnus, qui désormais n'en sont plus, se sourient. Autour d'eux, les piétons se pressent et se bousculent sans un mot, mais c'est à peine s'ils en ont conscience. Réellement, pour eux le temps a cessé de s'écouler. Mais ils sentent bien que la décence les empêche de demeurer immobiles l'un en face de l'autre sans mot dire quelques secondes de plus: et déjà, ce constat suffit à briser la magie. En un mot comme en cent, les aiguilles de l'horloge ont repris leur course infernale.

-Désolé, s'excuse le brun.
-Ce n'est rien.

Ils se regardent, se boivent des yeux.

-Je ne regardais pas où j'allais.
-Vraiment, ce n'est pas grave, insiste le blond.

Ils cherchent, se creusent la tête, mais ne trouvent aucune raison de s'attarder plus longtemps. La pluie tombe toujours, s'infiltre insidieusement à travers leurs vêtements et glisse sur leur parapluie avec fracas. Ou plutôt, leur chute cause du bruit. Leur glissement, lui, n'a pour unique effet que de tomber à terre et recouvrir l'asphalte d'une fine pellicule humide.

Espérer le retenir un peu plus longtemps... Se consumer de l'envie soudaine de le prendre dans ses bras un court instant, juste pour lui susurrer à l'oreille qu'il n'est de meilleur solitude que celle qu'on partage à deux...

Mais ils se quittent sur un dernier sourire. Leurs pieds les guident vers une destination sans saveur, un monde où l'absence de l'autre les traversera souvent, telle une fulgurante évidence.
Les parapluies tremblent, les visages figés s'effacent au rythme indolent des gouttes de pluie qui s'accumulent sur leur peau gelée.

Ils s'éloignent, se séparent sans s'oublier.

♣ ♣ ♣

Cette fois, le temps est dégagé. Si l'heure est aux considérations météorologiques, on peut même dire que le soleil brille au milieu d'un ciel bleu d'acier, où voguent quelques rares nuages.

Kyo est assis à la terrasse d'un café. Un crayon entre les doigts, il regarde pensivement la feuille étalée sur sa table. Son expression sceptique en dit long sur les sentiments qui l'habitent à la lecture des quelques phrases jetées presque par dépit sur la feuille.
Un soupir gonfle sa poitrine, il jette son crayon sur la table et se prend la tête entre les mains. Ses doigts longs et agiles massent son cuir chevelu abîmé par des colorations à répétition, tandis que ses coudes éprouvent la chaleur d'une tasse de café écrémé bouillant.

Autour de lui, la rumeur des conversations des consommateurs forme comme un ronronnement continu, l'expression physique de la satisfaction de se trouver ensemble, ici et maintenant. Quelques rires parviennent à s'échapper du lot, tantôt féminins tantôt masculins.

Le soleil est chaud. L'air est lourd, chargé.
Les paupières de Kyo peinent à demeurer ouvertes. Il cligne des yeux, chasse les images décolorées d'un bonheur mélancoliquement figé à jamais par son esprit malin, et se redresse sur sa chaise.

Rien à faire. L'inspiration ne vient pas.
Peut-être est-ce dû à la trop grande luminosité de l'endroit, à la chaleur, ou aux souvenirs qui encombrent son esprit, il n'en sait rien. D'habitude, le manque de l'être aimé se fait si fort qu'il l'imprègne et l'immerge tout entier dans un monde de mots et de douleur... Aujourd'hui, rien de tout ça.
Par un phénomène inconnu, son esprit est désespérément vide; les seules pensées qui le traversent ne sont de simples considérations inintéressantes, peu dignes d'être couchées sur papier, encore moins dans l'optique d'en faire une chanson.

-Je peux m'asseoir?

Une voix rauque et grave attire son attention: Kyo tourne la tête et dévisage sans aucune gêne l'homme légèrement penché vers lui qui l'a interpellé.

-Il n'y a plus de table libre, s'explique l'inconnu avec une moue désolée.

Kyo hoche la tête. Ses mains sont moites et il sent un trouble nouveau l'envahir.
C'est à la fois grisant et effrayant.

Le ténébreux inconnu tire une chaise à lui, s'assied dessus et regarde autour de lui. Nerveux, Kyo reprend son crayon et roule la feuille raturée avant de la ranger consciencieusement dans son sac. Quelques gorgées de café lui ébouillantent la gorge, et l'homme assis à ses côtés l'observe avec un sourire en coin.

-Vous avez... Un peu de crème, lui dit-il en se retenant de rire, sa main droite flottant vaguement sur sa lèvre supérieure.

Épouvanté, Kyo s'essuie immédiatement avec une serviette en papier. Il se traite de tous les noms, tout en s'extasiant intérieurement sur l'adorable fossette creusée sur le menton de l'inconnu.
Il ne se reconnaît plus, mais ne s'en soucie pas.

-On s'est déjà vus quelque part, non? Interroge-t-il au bout de quelques minutes, ignorant courageusement la petite voix au fond de lui qui lui hurle à plein poumons que cette question semble plus relever d'une minable tentative de drague que d'une réelle interrogation.

Son interlocuteur hausse les sourcils, plisse les yeux puis sourit. Plongeant une main dans sa poche, il en ressort une cigarette et hoche la tête.

-C'était un jour de pluie...
-Et vous m'avez bousculé, termine Kyo.

Leurs sourires se fondent et se confondent, se retrouvent tels deux vieux amis avides de vivre de nouvelles aventures ensemble.

Il fait beau, et ce n'est que le début.

♣ ♣ ♣

Les notes de musique s'envolent de la pièce, s'échappant en un souffle libérateur des vieilles touches recouvertes de poussière. Les yeux fermés, assis parfaitement droit sur le tabouret qu'il devine avoir accueillit nombre de musiciens avant lui, Kyo joue.

Ses doigts se souviennent de la chorégraphie de chaque mélodie, caressent les touches de l'instrument comme en souvenir de temps heureux où l'amour frémissait sous ses mains, et où le corps de son défunt amant se dévoilait impatiemment à lui. Son esprit en a oublié la saveur comme le bonheur, mais la mémoire tactile comble les défauts de ses souvenirs.

C'est un lent et délicieux retour en arrière, un frémissement du temps qui l'emplit déjà d'une certaine nostalgie. Mais comme en réponse à ses peurs, une porte s'ouvre derrière lui. Une haute silhouette pénètre dans la pièce, avance à pas mesurés et s'immobilise près de lui.

Présence muette et rassurante.

Kyo en oublie jusqu'au bonheur de jouer, se retourne et sourit à l'homme du café... Ou celui de la pluie, peu importe son nom.
Il lui tend la main, leurs doigts se cherchent et se caressent.

Ils s'exposent l'un à l'autre, s'ouvrent au bonheur sans en avoir conscience. C'est un moment paisible et bref, comme le maillon entre deux évènements, au premier abord insignifiant mais qui finalement personnifie la félicité.

Sans le savoir, ils viennent d'atteindre le zenith de leur relation. Ce simple geste n'est en fait que le début d'une mort lente et inexorable.

La mort d'un amour.

Mais pour l'instant, Kyo invite son amant à s'asseoir près de lui. Leurs corps se collent et frissonnent d'un désir mutuel, il prend les mains du brun et les recouvre de ses doigts. Longtemps, patiemment, il invente pour leurs quatre mains réunies en deux seules une chanson aux accents traînants et mélancoliques. De rires en sourires, de câlins en baisers, ils en viennent aux mains. C'est un combat qui les unit tendrement, une passion commune qui les enflamme.

C'est un piano, une musique, une chanson...
C'est leur histoire.

♣ ♣ ♣

Et le temps passe. D'orages en éclaircies.
C'est l'histoire banale d'un couple qui s'aime et se déchire, souffre en silence et s'offre aux vents violents de la jalousie.
Un roman épique aux couleurs glacées, parce que la solitude vécue à deux est au fond bien pire que l'autre. Parce qu'allongés dos à dos dans leur lit, ils n'échangent pas un mot et se détestent aussi fort qu'ils s'aiment.

Kyo serre les poings et les lèvres. Son regard farouche cherche à se perdre dans l'oubli. Il voudrait remonter au jour de leur rencontre, la première ou la seconde, cela lui importe peu.
Ses doigts fourmillent, il a besoin d'écrire.
Alors il se lève sous le regard brûlant de son amant, les rayons de la lune éclairent ses jambes blanches et musclées. Il s'échappe dans le salon : équipé de son ordinateur portable, Kyo s'installe au fond d'un canapé et s'évade définitivement.

Longtemps après, le brun le rejoint sur le canapé. Kyo referme son portable, le pose sur la table et serre ses bras autour de ses jambes. Le menton posé sur les genoux, il profite de ce qu'il sait être un moment clé. Un de ces instants rares, court et long à la fois, où on se surprend à se suspendre aux lèvres de l'autre, craignant chacun des mots qu'il pourrait prononcer, mais craignant encore plus la situation qui pourrait en découler.

Malgré ses airs farouches et son refus de s'attacher, Kyo sait que quoi qu'il arrive, il sera prisonnier de décisions prises en commun mais unilatéralement souhaitées.
Parce que la fierté et la pudeur sont les pires ennemies qu'un homme pourra jamais avoir, et que Kyo n'a pas les armes pour les combattre.

-On n'est plus heureux ensemble.

Des mots qui font mal, mais criants de vérité.
On ne peut pas être heureux quand l'unique souhait qui nous anime soit de se retrouver seul alors que l'être aimé nous sourit et nous tend les bras.

Kyo hoche la tête et ferme les yeux.
Son coeur bat si fort qu'il pourrait à tout instant jaillir hors de sa poitrine.

-J'ai cru que ça pourrait marcher, mais il faut se rendre à l'évidence.

Kyo voudrait se lever. Faire face, serrer les poings et refuser net d'entendre la suite.
Au lieu de quoi, il se mord le pouce, se tourne vers son amant et lui sourit.

-Ouais, acquiesce-t-il d'une voix rauque.

Ils échangent un long regard. Cherchent une autre solution dans leur silence complice, se retiennent de se pincer pour vérifier qu'ils ne rêvent pas.
De sourires faux en soupirs désolés, ils entament déjà un pénible travail de deuil.
Le deuil d'un amour.

-On reste amis?
-Bien sûr.

Kyo ment. Il ne veut pas être son ami.
Il veut l'aimer, ou rien.

Le vide est parfois préférable au pis-aller.

Il se lève enfin, imité par son désormais ex-amant. Ils se regardent, se souviennent de leur première rencontre et échangent quelques rires.
Le brun caresse les cheveux du blond.

-Arrête... Souffle ce dernier.

Mais loin de rompre l'instant, ils le prolongent et s'embrassent. Un baiser de glace et de feu, des mains baladeuses, une redécouverte sensuelle.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

A la faveur d'un au revoir, liés par les larmes et la douleur, ils acceptent la nuit comme linceul de leur amour.

Parce que s'aimer est la plus belle façon de se dire adieu.

♣ ♣ ♣

Kyo a mal.
Seul devant le clavier, les yeux révulsés et la bouche grande ouverte pour exhaler une respiration laborieuse, il sent un filet de transpiration lui couler dans le dos.
Ses doigts enfoncent rageusement les touches du piano. Ils esquissent à toute vitesse les derniers pas d'une danse macabre, volent au dessus du clavier et égrènent les dernières notes d'une mélodie trop personnelle pour ne pas être douloureuse.
La réalité se fond dans un monde imaginaire où la musique se fait cathartique, et où les mots chantés guérissent plus efficacement que n'importe quel onguent.

La haine se mue en résignation, et les doigts caressent tendrement les touches. Dans un souffle d'apaisement, une note finale brille et explose, pour s'éteindre et déposer une pluie de larmes sur les joues du musicien.

Kyo baisse la tête sur sa partition, et déchiffre les alignements de notes comme si elles pouvaient réduire sa peine et l'enfermer. Des mots inscrits d'une main tremblante disent ses regrets et son amour.
Mais bien sûr, ce ne sera jamais suffisant.

♣ ♣ ♣

C'est un samedi de décembre.
Kyo a ouvert grand les fenêtres, et la pluie bat sur son corps offert aux éléments. Le tonnerre gronde, des éclairs percent les nuages et déchirent le silence d'une ville endormie. Il fait noir en dehors comme en dedans, l'obscurité rampe dans la chambre et s'insinue dans le coeur du blond. La lumière a disparu, le ciel est totalement sombre.

C'est une nuit parfaite.

Kyo ne voit rien malgré ses yeux ouverts. C'est l'éternité qui s'offre ainsi à lui.
L'orage éclate une nouvelle fois, plus fort encore que quelques secondes auparavant, un éclat de lumière zèbre l'obscurité et s'imprime sur les rétines de Kyo.
Ses yeux se ferment, son coeur bat de plus en plus vite. Comme s'il venait tout juste de se rendre compte des dizaines de pilules ingurgitées, et que l'affolement le gagnait.

Silence absolu.
Le sol sous son corps étendu par terre.
Battements affolés d'un coeur qui n'a rien compris.

Sourire extasié.
La pluie s'abat violemment sur son corps à peine vêtu. Chacune des gouttes cherche à le maintenir en vie, et lui rappelle qu'au fond de chaque abyme, il y a un espoir. Mais elles ne comprennent rien non plus.
Il n'y a plus d'espoir en enfer.

Dernier souffle de vie.
Tressaillement de bonheur.

Il a aimé si fort que la mort l'a jalousé.

C'était un samedi de décembre.

Il pleuvait.

~ OwArI~
Cactus





Alors voilà... J'étais déprimée en écrivant cette fic. Ce qui explique le pourquoi du comment, j'ai envie de dire XD Je n'avais pas prévu de la faire aussi dramatique, mais voilà... Parfois, les mots m'échappent et font ce qu'ils veulent. Je les ai volontiers laissé guider ma main ^^

Et encore une fois, je me retrouve à écrire une fic qui se termine mal XD Je suis victime d'une malédiction!! ç__ç
Méchant Kyo, méchant >__< (J'ai l'impression de réprimander un chien mais tout va bien u__u) C'est de sa faute d'abord XD

Donc si vous avez pas aimé faudra vous plaindre à Kyo! Débrouillez vous, inondez A Knot de lettres d'insultes... Au passage demandez leur l'ouverture d'une antenne européenne... XD Et plaignez vous de l'attente qu'on va devoir supporter pour écouter Uroboros tant qu'à faire XD (4 mois c'est trop long ç__ç)

Et puisque c'est pas réaliste, et ben vous pouvez toujours vous plaindre à moi! Déchaînez vous, je veux entendre le tonnerre gronder mouahahaha @__@

Bisouxx quand même XD

Cactus
# Posté le vendredi 08 août 2008 10:50

Last.fm

Last.fm


Pour les utilisateurs de Last.fm, un test sympa à faire ^^
ça sert à rien m'enfin bon XD

(Et pour ceux qui se poseraient la question, Maenoyume est mon pseudo sur les sites où Cactus est déjà pris ^^; lol)


http://omi.musickum.com/index.php5
# Posté le lundi 18 août 2008 10:05

Juste une fois...

Juste une fois...
Titre: Juste une fois
Auteur: Cactus
Genre: One Shot
Pairing: Kaoru x Shinya





Adieu.

Shinya avait toujours détesté ce mot. Il le repoussait à chaque fois de toutes ses forces, évitant d'un sourire ou d'un regard de le prononcer, de faire rouler ces deux minables syllabes dans sa bouche hésitante. Il ne voulait pas perdre les gens à jamais, ne supportait pas l'idée d'une éternité passée sans eux.

L'éternel solitaire avait tout simplement trop peur des autres, peur de s'attacher et de leur dire adieu, pour faire tomber le masque et s'offrir à eux sans réserve, pudeur ni crainte.

Et puis, la dimension divine que lui inspirait un adieu l'effrayait plus qu'il n'aurait osé l'avouer.
A Dieu.

Le souvenir de l'unique fois où le mot avait franchi ses lèvres le brûlait furieusement au plus profond de lui-même. Il se souvenait de cet instant comme d'un exercice d'équilibriste, un numéro de funambule sur un fil invisible tendu entre les deux extrémités d'une falaise. L'éternité et la douleur s'offraient alors la généreusement à lui sous la forme d'un visage souriant et pourtant humide de larmes versées.
Shinya avait tendu la main, confiant...
Sa frimousse d'enfant s'était illuminée l'espace d'un instant unique et pur...
Et puis le rêve s'était évanouit, les bras autour de son corps évaporés et l'absence cruelle avait déclenché en lui des pleurs irrépressibles.

Envies de tout casser, de se mordre jusqu'au sang et de s'écrouler à force de larmes.

Shinya n'avait alors pas eu le choix.
Sa seule erreur avait été d'espérer, de croire que le sort ne s'acharnerait pas et que ces choses là n'arrivaient qu'aux autres; son unique tort l'avait précipité au fond du gouffre.

Là bas dans le précipice marin, les larmes et les sourires ne signifiaient rien du tout. Il était seul, abandonné, et le froid mordant de la solitude l'avait engourdi à un point tel qu'il ne ressentait plus de douleur qu'en de rares occasions.

Il avait été précipité dans les vagues malgré lui, et l'écume avait un goût amer.

Alors non, Shinya ne voulait plus jamais le dire.
Plus d'adieux, pas même d'au revoirs. Simplement un sourire ou un geste, pour se protéger, et ne pas souffrir.




Dans le tumulte de la gare, le temps filait entre leurs doigts à une vitesse incalculable. Ils se regardaient, figés par la pudeur et l'angoisse, et se souriaient nerveusement en cherchant les mots à poser sur leurs sentiments.
Leurs regards se posaient alternativement sur la foule pressée, ces centaines de personnes au visage fantôme et indifférent, puis sur l'autre, cet autre dans lequel ils croyaient si bien se retrouver eux mêmes.

Leurs mains unies comme pour anticiper l'inévitable séparation qui se rapprochait dangereusement, ils se faisaient l'effet de deux idiots dans un monde ennemi de bruits et de couleurs inconnues.

-Tu m'appelles quand tu arrives? Murmura Shinya.

Faussement indifférent, Kaoru hocha la tête et s'autorisa un sourire moqueur.

-D'accord maman.

Shinya ferma les yeux, glacé par ces paroles presque prophétiques.




-Ne reste pas là, mon chéri. Va jouer dehors avec tes cousins.
-D'accord maman.

Shinya avait couru à l'extérieur, confiant et insouciant. Ses pieds nus battant allégrement l'asphalte inondée de soleil, il avait rejoint ses cousins dans une cabane construite au pied d'un vieil arbre dont le tronc portait les stigmates du temps, de l'âge et des jeux d'enfants depuis devenus grands, prématurément pour certains d'entre eux.

Shinya vivait ses dernière heures d'enfance, et la maturité le guettait avidement depuis le pas de la porte.

Le brancard était sorti de la maison, sa mère le suivait de près; curieux, Shinya avait accouru sans savoir qu'il se condamnait à une douleur immense, une perte irréparable.

-Maman, qu'est-ce qui se passe...?
-Shinya...

Le visage torturé de souffrance, son père l'appelait; docile, le garçon s'était approché, et avait sourit malgré sa peur enfantine.

-Adieu, mon fils.

Shinya ne voulait pas le dire; il devinait déjà l'étendue de la signification de ce misérable mot, mais la politesse et l'amour filial l'avaient emporté sur ses réticences.

-Adieu, papa.




La chaleur de la main de Kaoru le réconfortait, mais les frissons de plaisir qui en découlaient l'intriguaient.
Shinya se savait perdu; le brun partait pour une durée indéterminée, l'abandonnait à sa solitude et ne pourrait plus combler les défauts d'un vie trop fade dès lors qu'il n'en faisait plus partie.

-Le train en direction d'Okinawa partira dans cinq minutes.

L'annonce grésillante les rappela à la cruelle réalité.
La séparation, le manque, le besoin et l'ennui.

Ils échangèrent un regard affolé, s'étreignirent plus amoureusement que jamais mais ne se firent aucune promesse, sachant qu'elles seraient déçues.

Kaoru partait, pour toujours ou pour quelques mois, peu importait: à son retour, si retour il y avait, rien ne serait plus comme avant et ni l'un ni l'autre ne souhaitaient gâcher leur histoire en y apposant de nouveaux souvenirs.
Les instants vécus auparavant leur suffisait.

-Je t'aime, chuchota Shinya au creux de l'oreille de Kaoru.

Il en frissonna de plaisir, étonné lui-même des preuves d'affection dont l'absence avait jusqu'ici été leur seule porte de sortie.
A présent, pas de retour en arrière.
Pour une fois, pour cette fois, ils se laissaient aller, parce que l'imminence de la séparation déliait leur langue et leurs sentiments.

-Je dois y aller maintenant.

Kaoru se détacha de Shinya, empoigna sa valise et caressa la joue de son amant avant de monter dans le train sans se retourner.
Seul sur le quai au milieu de ces gens, un sourire désabusé aux couleurs de l'amour flottant sur les lèvres, Shinya plissa les yeux et serra les lèvres dans l'espoir de ne pas pleurer.

Mais deux dimensions venaient de trouver leur point de rencontre, deux dimensions du temps raisonnablement opposées et intimement liées; les adieux se confondaient, les larmes ne coulaient que par amour et par peur.

-Ne me laisse pas...

Deux prières inutiles et inaudibles.

Shinya regard, désemparé, le train quitter la gare avec force bruits.
C'était trop tard à présent.
Kaoru était parti, et la solitude colmaterait les brèches douloureuses de sa carapace dorée.

-Adieu...

Shinya ne savait plus à qui il s'adressait, et peu importait.
Il avait aimé.
C'était tout ce qui comptait.



~OwArI~


Cactus


# Posté le lundi 25 août 2008 07:46

Parce que je t'aime

Parce que je t'aime

Titre: Parce que je t'aime
Auteur: Cactus
Genre: PG-13... Persécution? XD
Pairing: *sifflote en regardant ailleurs*




Chapitre 1 : Rencontres




Tokyo, début de journée.
C'était l'effervescence dans la capitale nippone. Sur les trottoirs et sur la route, aux entrées des immeubles et magasins, dans les parcs public et aux abords des parkings, une foule cosmopolite se côtoyait et se croisait sans se reconnaître, comme tous les matins.

Au milieu de cette multitude de personnes, un jeune homme courait à perdre haleine, les mains crispées sur la sangle d'un sac jeté à la hâte sur son épaule, et les joues rougies par l'effort physique. Il jouait des coudes, se frayant péniblement un chemin à travers cette masse de personnes qui lui jetaient des coups d'oeils courroucés; sans s'excuser, il continuait sa route et regardait de tous côtés au cas où il parviendrait à destination sans s'en rendre compte.

Enfin, il aperçut la terrasse du café où il avait rendez vous. S'autorisant à ralentir le pas, il freina légèrement sa course et accrocha un sourire soulagé au coin de ses lèvres sèches. Assis à une table, son meilleur ami leva les yeux de son journal et le héla amicalement.

-Désolé pour le retard, s'excusa Die en s'asseyant en face de son ami.

Ce dernier haussa les épaules, plia soigneusement son journal et le posa délicatement sur la petite table ronde, près de sa tasse de thé.

-Tu bois quelque chose?
-Un thé.

Le brun se retourna, fit signe au garçon de servir la même chose au nouvel arrivant, puis croisa les bras et se cala contre le dossier de sa chaise, un sourire aux lèvres.

-Alors? Comment ça c'est passé, hier?
-J'ai tout foiré, se plaignit Die en se cachant derrière ses mains.
-Tout de suite les grands mots! Je suis sûr que tu te fais des idées.

Mais Die secoua vivement la tête et soupira lourdement.

-Si tu connais quelqu'un qui a été embauché après avoir insulté la femme de son potentiel futur employeur, s'il te plaît présente moi cette personne!
-Merde, Die! S'exclama Kaoru en levant les mains au ciel. Qu'est-ce qui t'as pris!?
-Tu crois que je l'ai fait exprès? Riposta le roux. C'était la secrétaire, une vraie peau de vache... Tu me connais, je n'ai pas pu m'empêcher de le faire remarquer au type qui me faisait passer l'entretien...
-Il l'a répété à son patron?
-Il n'en a pas eu besoin. Il était son propre patron, si tu vois ce que je veux dire.

Kaoru préféra ne pas faire de commentaires, et remercia le garçon de café qui apportait un thé noir à Die.

-C'est quand même dommage, ce boulot était taillé pour toi.
-Merci de me le rappeler...

Die daigna enfin relever la tête, et but une longue gorgée de thé pour réhydrater sa gorge asséchée par sa longue course depuis la bouche de métro.

-En tous cas, si ça ne te dérange pas, j'aimerais beaucoup qu'on parle d'autre chose.
-Bien sûr, acquiesça le brun.

Il regarda mécaniquement autour de lui, toujours surpris par la foule qui se pressait sur les trottoirs, puis désigna du menton le sac à dos que Die avait déposé sur ses genoux.

-Pourquoi tu te trimballes avec ça?
-Ah, ça, c'est quelque chose que je voulais absolument que tu voies! S'exclama Die en retrouvant tout à coup le sourire.
-J'ai peur... Marmonna Kaoru. J'espère que tu as abandonné l'idée des plantes carnivores depuis la dernière fois...
-Elles demandaient trop d'entretien j'ai laissé tombé et je les ai vendues à un vieil ami, répondit innocemment le roux. Cette fois, tu vas vraiment adorer.

Il fouilla quelques secondes de plus au fond de son sac, et en exhiba fièrement un énorme classeur.

-Qu'est-ce que c'est encore que ce truc? Demanda Kaoru d'un air blasé en croisant les bras.
-Ma mère l'a trouvé dans le grenier en faisant du rangement il y a un mois, et elle me l'a donné quand elle est venue me voir hier matin. Ce truc comme tu dis, c'est toute mon adolescence.
-Ton journal intime? Le railla le brun. Je ne savais pas que tu avais autant de conquêtes!
-T'es con, le rabroua Die en éclatant de rire avec lui. C'est toutes les chansons que j'ai composées quand je jouais encore de la guitare...

Kaoru haussa les sourcils, véritablement étonné par cette découverte.

-Tu as joué de la guitare?
-Bien sûr! Je ne te l'ai jamais dit?
-Pas une seule fois...
-Bizarre, je passais mes journées à ça!

Le brun tendit son bras par dessus la table, réclamant ainsi le fameux classeur; il le feuilleta rapidement, étonné d'y trouver des compositions visiblement complètes. Quant à leur qualité, il ne se sentait pas d'attaque pour en juger, mais il avait bien envie de prendre tous ces feuillets chez lui pour les examiner à tête reposée...

-C'est incroyable, tu étais vraiment productif.
-Disons que j'avais de l'inspiration...
-Pourquoi est-ce que tu as arrêté? T'imagines, on aurait peut-être pu faire partie du même groupe!

Die secoua la tête, touché par cette idée mais néanmoins réaliste pour la savoir irréalisable.

-C'est une trop longue histoire.
-Je peux prendre le classeur chez moi? Qui sait, peut-être que je trouverai quelque chose qui pourrait aider le groupe...
-Tu vois, je t'avais dit que ça te plairait!

Kaoru sourit mais ne répondit pas, absorbé par la lecture de quelques annotations en bas de feuille. Die but une nouvelle gorgée de thé bouillant, croisa les bras sur son torse et renversa la tête en arrière, amusé de voir le monde à l'envers. Il regarda de tous côtés, attendant avec impatience que Kaoru daigne sortir de sa bulle hermétique, et soudain son expression se figea lorsque ses yeux se posèrent sur une silhouette bien connue, immobile de l'autre côté de la rue.

Il se retourna d'un bond sur son siège, se dévissant presque le cou, et se mordit les lèvres en constatant qu'il n'avait pas rêvé.

-Je reviens, s'excusa-t-il auprès de son meilleur ami en se levant rapidement.

Kaoru ne fit aucun cas de son absence, trop occupé avec le classeur qu'il tenait entre ses doigts.
Die traversa la rue aussi vite que possible sans se faire renverser par les nombreux véhicules qui circulaient sur la voie, le coeur battant et les mains moites.
Plus il s'approchait de la silhouette toujours immobile, plus le noeud dans son estomac se serrait.

Arrivé à quelques mètres de la personne qu'il fixait sans vraiment y croire, il commença à se demander quelle serait la meilleure façon de le saluer. Ils ne s'étaient pas vus depuis un moment, à présent, et étant donné la façon dont ils s'étaient quittés, la situation risquait de devenir rapidement délicate s'il ne s'y prenait pas bien.
Or, on ne pouvait pas dire qu'il était le roi de la délicatesse...

Pour l'instant, à son grand désarroi, Shinya ne l'avait pas encore remarqué. Adossé contre un mur, il regardait vers le fond de la rue, l'air paisible. Ses longues mains enfouies dans les poches, il semblait parfaitement détendu et aucun signe n'indiquait qu'il aurait pu savoir que son ex petit ami se trouvait à moins d'un mètre de lui.

Die se racla la gorge, sans succès à cause du tumulte ambiant.
Il ne restait plus qu'à lui dire bonjour, et voir ce qui allait se passer...

-Salut! Fit-il avec un grand sourire, se forçant à paraître décontracté et pas du tout stressé.

Surpris, Shinya tourna la tête vers lui et pris quelques courtes secondes avant de réaliser l'identité de la personne qui se tenait en face de lui. Il écarquilla les yeux, fit la moue et ôta nerveusement ses mains de ses poches.

-Die...
-Comment vas-tu?
-Euh... Bien, merci. Et toi?

Leur échange, rapide et informel, paraissait irréel.
Et dire qu'il y avait moins d'un mois de cela, ils se murmuraient chaque jour qu'ils s'aimaient...

-Bien.
-Et, euh... Qu'est-ce que tu deviens?

Shinya regardait d'un côté puis de l'autre, visiblement pressé de trouver une échappatoire pour mettre fin à leur échange. Mais Die le fixait sans réserve, bien plus heureux de voir qu'il ne l'aurait escompté, et comptait bien tout faire pour prolonger un peu leur rencontre.

-J'essaie de changer de vie, mais c'est pas facile, grimaça le roux.
-Vraiment? Comment ça?
-J'ai démissionné et j'essaie de trouver un autre boulot.
-Ah.

Shinya fit un pas sur le côté, Die l'imita.

-Je suis au café juste à côté avec Kaoru, se décida-t-il à expliquer. Tu veux venir boire un verre avec nous?
-C'est gentil mais je ne voudrais pas vous déranger, refusa poliment le blond.
-Non vraiment, viens, il sera content de te voir.
-Die, j'attends quelqu'un, je n'ai pas le temps.

Die se figea, interdit.

-Je connais?
-Non.

Tout à coup, l'ambiance entre eux avait changé. Shinya tapait du pied par terre nerveusement, et Die ne cacha pas la jalousie qui lui dévorait les entrailles... A sa plus grande surprise.

-Homme ou femme?
-Die!
-Désolé, s'excusa le roux avec un sourire.

Shinya soupira lourdement, regarda une dernière fois la rue et décida de prendre le taureau par les cornes.

-Tu ferais peut-être mieux de retourner avec Kaoru, non? Transmet lui mes amitiés.
-Je...

Die ne pouvait pas rester, politesse oblige. Alors il sourit aimablement à Shinya, fulminant de colère à l'intérieur, et tourna les talons sans le saluer. Il sentait le regard brûlant du blond dans son dos, mais savait que s'il se retournait, il se retrouverait face à deux globes furieux.
Autant s'éviter cette douloureuse vue...

Rendu à la terrasse du café, il tira rageusement une chaise à lui et s'y assis, les bras croisés. Kaoru leva sur lui un regard étonné et lui rendit le classeur.

-Tu étais où?
-De l'autre côté de la rue.

Die garda le silence quelques secondes, durant lesquelles Kaoru en profita pour boire la dernière gorgée de thé qui restait au fond de sa tasse.

-J'ai été dire bonjour à Shinya, éclaira ensuite le roux, le regard fixement tourné vers l'entrée du café.
-Shinya? S'étonna Kaoru. Je croyais que vous aviez rompu le mois dernier.
-C'est le cas, et alors? ça m'empêche d'aller le saluer?
-Euh... Non bien sûr.

Sceptique quant à l'attitude à adopter face au comportement de son meilleur ami, le brun opta pour une approche neutre et, il l'espérait, sans risque. Sachant que Die pouvait s'emporter d'un moment à l'autre sans prévenir, il fallait mieux rester prudent: Kaoru ne tenait pas particulièrement à se brouiller avec le jeune homme dès le matin.

-Comment est-ce qu'il va?
-Bien visiblement! S'emporta Die en haussant la voix. Monsieur attendait quelqu'un!
-Et donc, tu t'énerves? Ne put s'empêcher de faire remarquer l'aîné.
-Je suis pas énervé, simplement ça me gonfle!

Kaoru fronça les sourcils, secoua la tête et esquissa une moue amusée que Die ne vit pas.

-Il te transmet ses amitiés au fait, reprit Die comme si de rien n'était.
-C'est gentil de sa part.
-Shinya n'est pas quelqu'un de gentil, détrompe toi.
-Die... Soupira Kaoru. J'espérais qu'on en avait assez parlé pour que tu ne reviennes pas une fois de plus sur le sujet.
-C'était une simple remarque.

Les bras toujours croisés, Die évitait résolument de croiser le regard de son meilleur ami; fatigué de son comportement infantile, ce dernier coinça un billet sous sa tasse vide, se baissa pour récupérer son sac abandonné au pied de sa chaise puis attrapa le classeur de partitions dans un geste parfaitement dédaigneux et tourna le dos au roux qui le regardait d'un oeil hébété.

-Kaoru...? Mais où tu vas? On était sensés aller ensemble chez Toshiya!
-Laisse tomber Die, on se retrouvera là bas tout à l'heure! Lui répondit le brun sans se retourner.

Die le considéra en silence et le regarda s'éloigner sans trouver quoi que ce soit à répondre. Bouche bé, il promena un regard vide autour de lui, jeta son sac à dos sur son épaule et repartit en traînant les pieds, pestant dans sa barbe contre la mauvaise humeur de Kaoru.


~ Parce que je t'aime ... ~


-Salut, Toshiya.

Grognon, Die ne mit aucun entrain dans son salut; Toshiya, étonné, le laissa entrer en fronçant les sourcils.

-Quelle bonne humeur, fit-il remarquer en lui prenant son manteau.

Die haussa les épaules, se déchaussa rapidement et tendit au brun une bouteille de vin.

-Je t'ai amené ça pour le déjeuner.
-Du vin? Ce n'est pas ton genre d'habitude.
-J'avais envie de faire une folie!

Toshiya lui accorda un sourire, et déposa la bouteille sur un meuble dans la cuisine.

-Je croyais que tu devais venir avec Kaoru? Il n'est pas avec toi?
-Il m'a lâché ce matin, il s'est emporté parce qu'on parlait de Shinya...
-C'est sûr que ça ne doit pas être facile pour lui.

Toshiya passa devant Die pour se rendre au salon; il l'invita à le suivre d'un sourire, puis ils s'installèrent autour de la table, une bière décapsulée entre les mains. Mais Die, songeur, ne se versa pas la moindre goutte de boisson.

-Quelque chose ne va pas? S'enquit son hôte en buvant une gorgée d'alcool.
-En quoi parler de Shinya est difficile pour Kaoru? Lâcha Die.

Le brun pâlit soudainement. Il retrouva contenance une demi seconde plus tard, mais le mal était déjà fait, et Die ne lâcherait désormais plus le morceau, il le savait.

-Entendre parler de lui toute la journée avec toi, ça doit finir par lui peser... Tenta-t-il en évitant le regard de son ami.

Die repoussa sa bière d'un geste de la main, et se pencha sur la table, sourcils froncés. Le silence qui régnait dans l'appartement lui semblait presque déplacé. Il aurait préféré que quelque chose dehors trouble l'apparente tranquillité de l'instant.

-Je sais que tu mens.
-Die, s'il te plaît... J'ai promis de ne rien dire. Ne me fais pas rompre une promesse, soupira Toshiya.

Le brun se leva brutalement, faisant les cent pas dans le petit salon mal éclairé. Difficile de garder son calme lorsqu'on est à deux doigts de trahir un ami presque malgré soi...

-J'ai le droit de savoir! Fit valoir le roux en se levant à sa suite.

Il posa une main sur son épaule, ils se regardèrent quelques secondes, comme opposés dans un combat muet et fixe.

-Tu devrais lui demander toi-même... Murmura Toshiya en détournant la tête, évitant ainsi le regard de son ami.

Il fit quelques pas dans la petite salle, s'assit pesamment sur son canapé défoncé et lança un regard suppliant à Die.

-Et s'il te plaît, tu pourrais attendre que le repas soit terminé pour le faire? Je n'ai pas envie de balayer des dents quand je ferais le ménage une fois que vous serez partis...
-Je ne suis pas du genre à me battre pour un oui ou pour un non, grinça Die en s'asseyant près de lui.

Toshiya lui adressa un coup d'oeil sceptique mais n'approfondit pas le sujet, sachant qu'une discutions avec Die était la plupart du temps vouée à tourner en rond, le jeune homme étant la plupart du temps incapable de revenir sur ses positions et d'admettre ses torts.

-J'aimerai autant qu'on mange dans la bonne humeur quand même...
-C'est trop tard! Fit remarquer Die, les sourcils froncés et le regard rivé vers l'extérieur.
-En attendant, si on pouvait parler d'autre chose...

Mais malgré toutes les tentatives de Toshiya pour amener la discutions sur un autre sujet, Die revenait invariablement sur cette histoire entre Kaoru et Shinya. Encore qu'on ne pouvait pas réellement parler d'histoire... Mais l'idée même que son meilleur ami puisse avoir un lien avec Shinya sans lui en avoir parlé le crispait.
Peut-être devenait-il trop sensible dès que l'on parlait de son ex petit ami....

Le temps passait, et les minutes qui se rajoutaient insensiblement aux précédentes creusaient un peu plus le gouffre du retard de Kaoru. Nerveux, Toshiya ne cessait de lancer des regards inquiets sur sa pendule, croisant presque les doigts pour que le brun ne vienne pas au repas; et les silences de Die, qui s'éternisaient de plus en plus, n'aidaient à rien à lui remonter le moral.

-On devrait peut-être passer à table, proposa soudain Toshiya en voyant que l'aiguille avait depuis longtemps à présent dépassé le chiffre douze.
-Kaoru viendra, le rassura Die. Il a dû rester étudier le classeur que je lui ai prêté ce matin, et n'a pas vu le temps passer... Tu devrais l'appeler.
-Quel classeur?
-Mes partitions.
-Tu les as toujours? S'étonna Toshiya. Je pensais que tu les avais jetés quand... Tu as arrêté la guitare.

Il avait hésité sur les derniers mots et s'était repris à la dernière minute, ce qui n'avait échappé à Die.

-Je les ai gardés, répondit-il en faisant volontairement l'impasse sur la quasi gaffe de son ami d'enfance. ça aurait été dommage de perdre tout ce boulot d'un coup!
-Et ça servira peut-être à Kaoru, qui sait!
-C'est pour ça que je le lui ai amené ce matin.
-Tu lui avais dit que tu faisais de la guitare dans le temps? S'étonna le brun.

Il se leva du canapé, récupérant sa canette de bière oubliée sur la table, et la but rapidement en posant un oeil intéressé sur Die. A sa connaissance, jamais encore son ami n'avait trouvé le courage ou l'envie de parler de cette période de sa vie à quelqu'un d'autre qu'à ceux qui le connaissaient à cette époque... Et si lui-même n'avait pas fait parti de son entourage à ce moment là, Toshiya savait très bien qu'il n'en aurait rien su non plus.

Mais Die secoua la tête en soupirant, baissant les yeux comme chaque fois qu'ils abordaient le sujet.

-Non, j'ai essayé de lui dire plusieurs fois mais j'ai jamais réussit. Et puis ma mère est tombée dessus dans la grenier... Il fallait que je m'en débarrasse. Je ne peux pas le garder, tu comprends? C'est trop compliqué pour moi. Alors je le lui ai donné ce matin, conclut Die avec un sourire triste.
-Il a dû te poser des questions, non?
-Je lui ai répondu que j'avais joué de la guitare et que j'ai arrêté, mais je ne lui ai pas donné d'explications. Il n'en avait pas besoin... et puis, ça ne regarde que moi au fond.

Toshiya acquiesça. Au moment précis où il s'apprêtait à répondre au roux, on frappa à la porte; automatiquement, Die se leva du canapé, adressa un regard déterminé au brun, et serra les poings.
Le jeune homme soupira lourdement, regrettant profondément d'avoir prononcé cette phrase sans réfléchir. Il reposa sa bière a contrecoeur sur la table, et se dirigea d'un pas pesant vers la porte d'entrée.

La confrontation entre Die et Kaoru lui faisait peur. Même s'il savait qu'il se faisait toujours une montagne de pas grand chose...

-Die, ne cause pas trop de problèmes s'il te plaît... Le pria-t-il en se retournant une dernière fois.

Mais le visage buté de son ami d'enfance n'exprima aucun accord.

-Ouvre et on verra bien ce qui se passera, je ne peux rien te promettre.

Toshiya leva les yeux au ciel, excédé par le comportement de Die, mais ouvrit la porte sans rechigner, puisqu'il le fallait.
Sauf qu'il tomba de, très, très haut...
Et que derrière lui, la respiration de Die se coupa brutalement à cause de la surprise.

-Shinya...?
# Posté le lundi 25 août 2008 07:41