« Retour au blog de fanfictionland

Last Song


Titre: Last song
Auteur: Cactus
Genre: OS, drame (Non lecteur, ne nie pas! Tu l'as pensé! "Non, encore!" Et ben pour la peine, ce sera un draaaaame mhouahahahaha @_@)
Pairing: A vous de juger... (J'ai déjà entendu ça quelque part u___u)



♣ ♣ ♣


Il pleut.
L'image a déjà été utilisée des milliers de fois par les écrivains, romantiques ou non, qui ont jonché l'histoire de pages écrites entre deux pensées, imaginées entre deux sourires et écrites à l'encre de leur coeur: deux inconnus, parapluie à la main, marchant rapidement pour échapper à la pluie qui tombe à verse.
Les gouttes d'eau se déversent violemment des nuages gorgés de leurs soeurs jumelles, et glissent bruyamment le long des parapluies à la toile tendue. Tête baissée, mains crispées et lèvres étroitement serrées, nos deux inconnus cherchent vainement à échapper aux éléments, secouant avec agacement leurs cheveux trempés. Leurs pieds martèlent les trottoirs de béton, troublent la quiétude de quelques flaques et se font plus pressés encore de trouver un endroit sec mais, taquin, le destin dévie leur route, et deux corps jusqu'ici inconnus se heurtent l'un à l'autre.
Le destin, vraiment? Ou bien s'agit-il du hasard? Cela a-t-il une réellement différence, au fond?

Toujours est-il qu'il pleut.

Il pleut dehors, sur la ville, et dedans, sur leur coeur. Deux solitudes se croisent et se réchauffent à la chaleur d'une sensation depuis trop longtemps oubliée, pour des raisons qu'il est peu intéressant de citer ici.

Leurs regards se croisent et quelque part, quelque chose passe. Un courant électrique, un frisson, une certitude.

Les deux inconnus, qui désormais n'en sont plus, se sourient. Autour d'eux, les piétons se pressent et se bousculent sans un mot, mais c'est à peine s'ils en ont conscience. Réellement, pour eux le temps a cessé de s'écouler. Mais ils sentent bien que la décence les empêche de demeurer immobiles l'un en face de l'autre sans mot dire quelques secondes de plus: et déjà, ce constat suffit à briser la magie. En un mot comme en cent, les aiguilles de l'horloge ont repris leur course infernale.

-Désolé, s'excuse le brun.
-Ce n'est rien.

Ils se regardent, se boivent des yeux.

-Je ne regardais pas où j'allais.
-Vraiment, ce n'est pas grave, insiste le blond.

Ils cherchent, se creusent la tête, mais ne trouvent aucune raison de s'attarder plus longtemps. La pluie tombe toujours, s'infiltre insidieusement à travers leurs vêtements et glisse sur leur parapluie avec fracas. Ou plutôt, leur chute cause du bruit. Leur glissement, lui, n'a pour unique effet que de tomber à terre et recouvrir l'asphalte d'une fine pellicule humide.

Espérer le retenir un peu plus longtemps... Se consumer de l'envie soudaine de le prendre dans ses bras un court instant, juste pour lui susurrer à l'oreille qu'il n'est de meilleur solitude que celle qu'on partage à deux...

Mais ils se quittent sur un dernier sourire. Leurs pieds les guident vers une destination sans saveur, un monde où l'absence de l'autre les traversera souvent, telle une fulgurante évidence.
Les parapluies tremblent, les visages figés s'effacent au rythme indolent des gouttes de pluie qui s'accumulent sur leur peau gelée.

Ils s'éloignent, se séparent sans s'oublier.

♣ ♣ ♣

Cette fois, le temps est dégagé. Si l'heure est aux considérations météorologiques, on peut même dire que le soleil brille au milieu d'un ciel bleu d'acier, où voguent quelques rares nuages.

Kyo est assis à la terrasse d'un café. Un crayon entre les doigts, il regarde pensivement la feuille étalée sur sa table. Son expression sceptique en dit long sur les sentiments qui l'habitent à la lecture des quelques phrases jetées presque par dépit sur la feuille.
Un soupir gonfle sa poitrine, il jette son crayon sur la table et se prend la tête entre les mains. Ses doigts longs et agiles massent son cuir chevelu abîmé par des colorations à répétition, tandis que ses coudes éprouvent la chaleur d'une tasse de café écrémé bouillant.

Autour de lui, la rumeur des conversations des consommateurs forme comme un ronronnement continu, l'expression physique de la satisfaction de se trouver ensemble, ici et maintenant. Quelques rires parviennent à s'échapper du lot, tantôt féminins tantôt masculins.

Le soleil est chaud. L'air est lourd, chargé.
Les paupières de Kyo peinent à demeurer ouvertes. Il cligne des yeux, chasse les images décolorées d'un bonheur mélancoliquement figé à jamais par son esprit malin, et se redresse sur sa chaise.

Rien à faire. L'inspiration ne vient pas.
Peut-être est-ce dû à la trop grande luminosité de l'endroit, à la chaleur, ou aux souvenirs qui encombrent son esprit, il n'en sait rien. D'habitude, le manque de l'être aimé se fait si fort qu'il l'imprègne et l'immerge tout entier dans un monde de mots et de douleur... Aujourd'hui, rien de tout ça.
Par un phénomène inconnu, son esprit est désespérément vide; les seules pensées qui le traversent ne sont de simples considérations inintéressantes, peu dignes d'être couchées sur papier, encore moins dans l'optique d'en faire une chanson.

-Je peux m'asseoir?

Une voix rauque et grave attire son attention: Kyo tourne la tête et dévisage sans aucune gêne l'homme légèrement penché vers lui qui l'a interpellé.

-Il n'y a plus de table libre, s'explique l'inconnu avec une moue désolée.

Kyo hoche la tête. Ses mains sont moites et il sent un trouble nouveau l'envahir.
C'est à la fois grisant et effrayant.

Le ténébreux inconnu tire une chaise à lui, s'assied dessus et regarde autour de lui. Nerveux, Kyo reprend son crayon et roule la feuille raturée avant de la ranger consciencieusement dans son sac. Quelques gorgées de café lui ébouillantent la gorge, et l'homme assis à ses côtés l'observe avec un sourire en coin.

-Vous avez... Un peu de crème, lui dit-il en se retenant de rire, sa main droite flottant vaguement sur sa lèvre supérieure.

Épouvanté, Kyo s'essuie immédiatement avec une serviette en papier. Il se traite de tous les noms, tout en s'extasiant intérieurement sur l'adorable fossette creusée sur le menton de l'inconnu.
Il ne se reconnaît plus, mais ne s'en soucie pas.

-On s'est déjà vus quelque part, non? Interroge-t-il au bout de quelques minutes, ignorant courageusement la petite voix au fond de lui qui lui hurle à plein poumons que cette question semble plus relever d'une minable tentative de drague que d'une réelle interrogation.

Son interlocuteur hausse les sourcils, plisse les yeux puis sourit. Plongeant une main dans sa poche, il en ressort une cigarette et hoche la tête.

-C'était un jour de pluie...
-Et vous m'avez bousculé, termine Kyo.

Leurs sourires se fondent et se confondent, se retrouvent tels deux vieux amis avides de vivre de nouvelles aventures ensemble.

Il fait beau, et ce n'est que le début.

♣ ♣ ♣

Les notes de musique s'envolent de la pièce, s'échappant en un souffle libérateur des vieilles touches recouvertes de poussière. Les yeux fermés, assis parfaitement droit sur le tabouret qu'il devine avoir accueillit nombre de musiciens avant lui, Kyo joue.

Ses doigts se souviennent de la chorégraphie de chaque mélodie, caressent les touches de l'instrument comme en souvenir de temps heureux où l'amour frémissait sous ses mains, et où le corps de son défunt amant se dévoilait impatiemment à lui. Son esprit en a oublié la saveur comme le bonheur, mais la mémoire tactile comble les défauts de ses souvenirs.

C'est un lent et délicieux retour en arrière, un frémissement du temps qui l'emplit déjà d'une certaine nostalgie. Mais comme en réponse à ses peurs, une porte s'ouvre derrière lui. Une haute silhouette pénètre dans la pièce, avance à pas mesurés et s'immobilise près de lui.

Présence muette et rassurante.

Kyo en oublie jusqu'au bonheur de jouer, se retourne et sourit à l'homme du café... Ou celui de la pluie, peu importe son nom.
Il lui tend la main, leurs doigts se cherchent et se caressent.

Ils s'exposent l'un à l'autre, s'ouvrent au bonheur sans en avoir conscience. C'est un moment paisible et bref, comme le maillon entre deux évènements, au premier abord insignifiant mais qui finalement personnifie la félicité.

Sans le savoir, ils viennent d'atteindre le zenith de leur relation. Ce simple geste n'est en fait que le début d'une mort lente et inexorable.

La mort d'un amour.

Mais pour l'instant, Kyo invite son amant à s'asseoir près de lui. Leurs corps se collent et frissonnent d'un désir mutuel, il prend les mains du brun et les recouvre de ses doigts. Longtemps, patiemment, il invente pour leurs quatre mains réunies en deux seules une chanson aux accents traînants et mélancoliques. De rires en sourires, de câlins en baisers, ils en viennent aux mains. C'est un combat qui les unit tendrement, une passion commune qui les enflamme.

C'est un piano, une musique, une chanson...
C'est leur histoire.

♣ ♣ ♣

Et le temps passe. D'orages en éclaircies.
C'est l'histoire banale d'un couple qui s'aime et se déchire, souffre en silence et s'offre aux vents violents de la jalousie.
Un roman épique aux couleurs glacées, parce que la solitude vécue à deux est au fond bien pire que l'autre. Parce qu'allongés dos à dos dans leur lit, ils n'échangent pas un mot et se détestent aussi fort qu'ils s'aiment.

Kyo serre les poings et les lèvres. Son regard farouche cherche à se perdre dans l'oubli. Il voudrait remonter au jour de leur rencontre, la première ou la seconde, cela lui importe peu.
Ses doigts fourmillent, il a besoin d'écrire.
Alors il se lève sous le regard brûlant de son amant, les rayons de la lune éclairent ses jambes blanches et musclées. Il s'échappe dans le salon : équipé de son ordinateur portable, Kyo s'installe au fond d'un canapé et s'évade définitivement.

Longtemps après, le brun le rejoint sur le canapé. Kyo referme son portable, le pose sur la table et serre ses bras autour de ses jambes. Le menton posé sur les genoux, il profite de ce qu'il sait être un moment clé. Un de ces instants rares, court et long à la fois, où on se surprend à se suspendre aux lèvres de l'autre, craignant chacun des mots qu'il pourrait prononcer, mais craignant encore plus la situation qui pourrait en découler.

Malgré ses airs farouches et son refus de s'attacher, Kyo sait que quoi qu'il arrive, il sera prisonnier de décisions prises en commun mais unilatéralement souhaitées.
Parce que la fierté et la pudeur sont les pires ennemies qu'un homme pourra jamais avoir, et que Kyo n'a pas les armes pour les combattre.

-On n'est plus heureux ensemble.

Des mots qui font mal, mais criants de vérité.
On ne peut pas être heureux quand l'unique souhait qui nous anime soit de se retrouver seul alors que l'être aimé nous sourit et nous tend les bras.

Kyo hoche la tête et ferme les yeux.
Son coeur bat si fort qu'il pourrait à tout instant jaillir hors de sa poitrine.

-J'ai cru que ça pourrait marcher, mais il faut se rendre à l'évidence.

Kyo voudrait se lever. Faire face, serrer les poings et refuser net d'entendre la suite.
Au lieu de quoi, il se mord le pouce, se tourne vers son amant et lui sourit.

-Ouais, acquiesce-t-il d'une voix rauque.

Ils échangent un long regard. Cherchent une autre solution dans leur silence complice, se retiennent de se pincer pour vérifier qu'ils ne rêvent pas.
De sourires faux en soupirs désolés, ils entament déjà un pénible travail de deuil.
Le deuil d'un amour.

-On reste amis?
-Bien sûr.

Kyo ment. Il ne veut pas être son ami.
Il veut l'aimer, ou rien.

Le vide est parfois préférable au pis-aller.

Il se lève enfin, imité par son désormais ex-amant. Ils se regardent, se souviennent de leur première rencontre et échangent quelques rires.
Le brun caresse les cheveux du blond.

-Arrête... Souffle ce dernier.

Mais loin de rompre l'instant, ils le prolongent et s'embrassent. Un baiser de glace et de feu, des mains baladeuses, une redécouverte sensuelle.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

A la faveur d'un au revoir, liés par les larmes et la douleur, ils acceptent la nuit comme linceul de leur amour.

Parce que s'aimer est la plus belle façon de se dire adieu.

♣ ♣ ♣

Kyo a mal.
Seul devant le clavier, les yeux révulsés et la bouche grande ouverte pour exhaler une respiration laborieuse, il sent un filet de transpiration lui couler dans le dos.
Ses doigts enfoncent rageusement les touches du piano. Ils esquissent à toute vitesse les derniers pas d'une danse macabre, volent au dessus du clavier et égrènent les dernières notes d'une mélodie trop personnelle pour ne pas être douloureuse.
La réalité se fond dans un monde imaginaire où la musique se fait cathartique, et où les mots chantés guérissent plus efficacement que n'importe quel onguent.

La haine se mue en résignation, et les doigts caressent tendrement les touches. Dans un souffle d'apaisement, une note finale brille et explose, pour s'éteindre et déposer une pluie de larmes sur les joues du musicien.

Kyo baisse la tête sur sa partition, et déchiffre les alignements de notes comme si elles pouvaient réduire sa peine et l'enfermer. Des mots inscrits d'une main tremblante disent ses regrets et son amour.
Mais bien sûr, ce ne sera jamais suffisant.

♣ ♣ ♣

C'est un samedi de décembre.
Kyo a ouvert grand les fenêtres, et la pluie bat sur son corps offert aux éléments. Le tonnerre gronde, des éclairs percent les nuages et déchirent le silence d'une ville endormie. Il fait noir en dehors comme en dedans, l'obscurité rampe dans la chambre et s'insinue dans le coeur du blond. La lumière a disparu, le ciel est totalement sombre.

C'est une nuit parfaite.

Kyo ne voit rien malgré ses yeux ouverts. C'est l'éternité qui s'offre ainsi à lui.
L'orage éclate une nouvelle fois, plus fort encore que quelques secondes auparavant, un éclat de lumière zèbre l'obscurité et s'imprime sur les rétines de Kyo.
Ses yeux se ferment, son coeur bat de plus en plus vite. Comme s'il venait tout juste de se rendre compte des dizaines de pilules ingurgitées, et que l'affolement le gagnait.

Silence absolu.
Le sol sous son corps étendu par terre.
Battements affolés d'un coeur qui n'a rien compris.

Sourire extasié.
La pluie s'abat violemment sur son corps à peine vêtu. Chacune des gouttes cherche à le maintenir en vie, et lui rappelle qu'au fond de chaque abyme, il y a un espoir. Mais elles ne comprennent rien non plus.
Il n'y a plus d'espoir en enfer.

Dernier souffle de vie.
Tressaillement de bonheur.

Il a aimé si fort que la mort l'a jalousé.

C'était un samedi de décembre.

Il pleuvait.

~ OwArI~
Cactus





Alors voilà... J'étais déprimée en écrivant cette fic. Ce qui explique le pourquoi du comment, j'ai envie de dire XD Je n'avais pas prévu de la faire aussi dramatique, mais voilà... Parfois, les mots m'échappent et font ce qu'ils veulent. Je les ai volontiers laissé guider ma main ^^

Et encore une fois, je me retrouve à écrire une fic qui se termine mal XD Je suis victime d'une malédiction!! ç__ç
Méchant Kyo, méchant >__< (J'ai l'impression de réprimander un chien mais tout va bien u__u) C'est de sa faute d'abord XD

Donc si vous avez pas aimé faudra vous plaindre à Kyo! Débrouillez vous, inondez A Knot de lettres d'insultes... Au passage demandez leur l'ouverture d'une antenne européenne... XD Et plaignez vous de l'attente qu'on va devoir supporter pour écouter Uroboros tant qu'à faire XD (4 mois c'est trop long ç__ç)

Et puisque c'est pas réaliste, et ben vous pouvez toujours vous plaindre à moi! Déchaînez vous, je veux entendre le tonnerre gronder mouahahaha @__@

Bisouxx quand même XD

Cactus

# Posté le vendredi 08 août 2008 10:50

« Article précédent : Uroboros

Article suivant : Last.fm »